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Revue de Presse

Commentaire


Un million et plus si affinitésPlus d'un million de personnes ont signé la pétition lancée par la Mutualité française pour obtenir la suppression de la taxe de 7% qui frappe les couvertures santé. Cette pétition s'adresse bien évidemment au pouvoir actuel comme à celui qui sortira des urnes au printemps prochain. Il faut remonter assez loin dans le temps pour trouver trace d'une telle mobilisation pétitionnaire. C'est autant un fait social qu'un fait de société. Les signatures sont arrivées pour l'essentiel par internet et beaucoup moins par les voies habituelles de l'action militante de rue. Faut-il, dès lors, ramener ce million de signatures à une simple virtualité électronique ? Le dire, voir le penser, serait se tromper profondément sur les sentiments qui traversent actuellement le corps social et demain peut-être le corps électoral. Au pays de la Sécurité sociale, présentée depuis 1945 comme un moment de la geste résistante et libératrice, la peur de ne plus pouvoir se soigner pour des raisons d'argent s'instille dans les esprits. Pour parler comme un sondage, la santé est devenue la seconde préoccupations de l'opinion, après le chômage. Ce sentiment se nourrit d'expériences ordinaires que chacun peut faire parce que c'est l'assurance maladie de tous les jours qui ne remplit plus son rôle. Elle rembourse à peine la moitié des soins de ville, c'est-à-dire les consultations, les médicaments, les auxiliaires médicaux. Et quand le pouvoir politique vient expliquer que notre système de sécurité sociale reste un des plus performants du monde, le pouvoir s'appuie sur des données réelles qui ne rendent pas compte de notre quotidien. C'est certainement le plus grand danger auquel s'expose la parole politique, celui de parler une langue incapable d'exprimer la vie réelle. Laisser se creuser ce fossé serait dramatique. Réagir oblige à penser les relations des forces politiques et des organisations sociales sur un mode autre que celui de la seule relation de puissance. Le travail s'annonce rude quand on observe que ce million de pétitions a pu laisser de marbre pratiquement tous les moyens de communication et tous les candidats à la présidentielle. Certes on pourra objecter que ce million de signatures, dans le contexte actuel, compte beaucoup moins que les 43 millions d'électeurs appelés à choisir le prochain Président de la République. Comme si les signataires n'étaient pas des électeurs, comme si cette pétition ne s'était pas révélée être un sismographe mesurant les infimes tremblements qui secouent notre société en profondeur. La politique ne peut plus rester à la surface des choses.
Mariano Ortiz
Rédacteur en chef
(09/02/2012)


Le 10/02/2012


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