Mutuelle de France des Hospitaliers - MFH
Revue de Presse

LA DEFENSE DES HOPITAUX PUBLICS, DES IDEES RECUES


L'hôpital coûte cher... La France dépense trop pour ses hôpitaux... Les cliniques sont plus productuves...
Il y a de plus en plus d'infections nosocomiales à l'hôpital...
Les idées reçues sur le service public hospitalier, par ignorance ou par malveillance, ont la vie dure!
Le présent document, s'appuie uniquement sur des faits et chiffres vérifiés, émanant d'institutions internationales ou nationales, s'attache à rétablir la vérité sur 9 d'entre-elles.
Il rend ainsi justice à l'action de tous ceux qui sont engagés pour le service public hospitalier, l'un des fondements du pacte républicain auquel nos concitoyens sont le plus attachés, et qui lui font massivement confiance (à plus de 82% selon un sondage TNS SOFRES d'avril 2010).

1. La proportion de dépenses consacrées à l'hôpital public ne cesse d'augmenter.
FAUX
En 30 ans, la part relative des dépenses d'Assurance maladie consacrées à l'hôpital public est passée de 41% à 34%... les dépenses de la médecine de ville ont progressé beaucoup plus vite que celles de l'hospitalisations, car elles sont beaucoup moins maîtrisées.
Cette maîtrise a été renforcée par la mise en oeuvre de la tarification à l'activité en 2004.

2. Les dépenses consacrées à l'hôpital sont plus élevées que d'autres pays.
FAUX
Les comparaisons internationales publiées par l'OCDE révèlent en revanche une part plus élevées des dépenses de l'ensemble des hôpitaux  publics et cliniques privées dans la dépense totale de santé: 37% contre une moyenne OCDE de 29%. L'une des raisons en est le poids excessif du secteur privé lucratif dans notre pays. Les autres pays développés ont cherché à en limiter la place afin d'éviter toute inflation des dépenses, et de préserver un égal accès aux soins.

3. Les hôpitaux publics sont de mauvais gestionnaires.
FAUX
Les hôpitaux publics sont des acheteurs rigoureux. Ils ont effectué d'importants efforts pour rationaliser leurs achats. Ceux-ci, qui représentent annuellement 15 milliards d'euros, sont gérés pour les deux tiers par des structures mutualisées (Uni.H.A, Resah Ile-de-France...) afin d'obtenir des prix plus avantageux.
Les comptes des hôpitaux sont transparents. Ils sont tenus par l'administration du Trésor, connus au centime d'euro près et consolidés nationalement, sans possibilité de transferer une partie des bénéfices auprès des sociétés civiles immobilières comme le font les cliniques. Les hôpitaux ont également mis en oeuvre des dispositifs d'information grand public qui présentent de manière  transparente et comparée leurs performances, grâce notamment au site hopital.fr créé FHF.
Les hôpitaux publics se sont restructurés: la durée moyenne de séjopur en soins iagus a baissé en France de 6,2 à 5,5 entre 1995 et 2007 (source OCDE). Elle est inférieure à celle de tous les pays de l'OCDE en dehors des pays scandinaves. Les nombres de lits a  également baissé, passant de 4,6 à 3,6 pour mille habitants sur la même période.

4. Pour faire des économies, il faut donner plus d'importance aux cliniques.
FAUX
Seulement 26% des hospitalisations totales sont effectuées par les cliniques privées. Celles-ci ne représentent que 19% des lits d'hospitalisation et leur activité est très concentrée sur les secteurs les plus lucratifs, comme le traitement des cataractes. Elles ne traitent pour l'essentiel que la cinquantaine de pathologies les plus simples, à la différence des hôpitaux qui assurent toutes les activités, même lorsqu'elles génèrent un déficit.
Contrairement à ce qui est annoncé par les cliniques privées, l'hôpital ne coûte pas plus cher à la Sécurité Sociale que les cliniques. L'écart de 21% parfois annoncé est lié au fait qu'à la différence des cliniques privées, qui peuvent choisir les activités les plus rémunératrices, l'hôpital doit répondre présent dans tous les cas, même les plus compliqués et ceux qui entraînent un déficit, parce que les tarifs y sont inférieurs au coûts, comme dans la prise en charge des infarctus du myocarde sévères. Si on affaiblit l'hôpital, qui prendra en charge les patients les plus fragiles ou les coûteux?

5. Les missions de service public assumées par l'hôpital public sont entièrement financées par des enveloppes spécifiques (MIGAC).
FAUX
De nombreuses missions de service public ne sont pas financées à leur coût réel, comme le traitement des urgences assuré à plus de 90% par le service public hospitalier. Seuls les frais liés à la mobilisation des personnels des services d'urgances sont en effet pris en compte, alors que 20% des patients doivent être hospitalisés, de manière non programmée, ce qui entraîne un surcroît considérables non financé.
De même, les établissements publics de santé sont organisés et dimensionnées pour assurer une prise en charge des patients dans toutes les situations, même les plus exceptionnelles (plan rouge, plan blanc, catastrophes...). Les hôpitaux qui maintiennent des capacités d'hospitalisation de recours sont indispensables à la gestion des crises sanitaires et à l'accueil des victimes de catastrophes. Mais cette capacité de recours n'est pas financée: quelle entreprise privée accepterait cette situation?

6. L'hôpital ne se modernise pas.
FAUX
C'est une idée reçue particulièrement injuste pour tous les personnels hospitaliers qui depuis une dizaine d'années sont confrontés à une vague ininterrompue de réforme structurelles: mise en place des Agences Régionales de Santé, des regroupements territoriaux, de la certification, des lois de sécurité sanitaire, de la réforme de la Tarification à l'activité, de la réforme de la gouvernance...
En réalité, l'hôpital s'adapte en permanence. Et le résultat de ce dynamisme se manifeste dans l'augmentation de la part des hôpitaux dans les soins en médecine, chirurgie et obstétrique.

7. Il y a de plus en plus d'infections nosocomiales dans les hôpitaux publics.
FAUX
D'après une enquête conduite par l'institut de veille sanitaire (InVS) les infections nosocomiales "tendent à la baisse en France". Une diminution qui est particulièrrement marquée pour les infections à staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) dont la prévalence a diminué depuis quinze ans de 59% en réanimation, de 44% en chirurgie et 32% en médecine. Le taux d'infections nosocomiales en France est désormais de 4,9%, un des plus bas d'Europe.
Ce résultat remarquable, et encore perfectible, est dû à leur notification aux autorités sanitaires à l'adoption de programmes d'assurance qualité et à la généralisation des procédures de certification, qui contribue grandement à l'amélioration de la qualité. La diffusion de référentiels de bonne pratique et leur suivi dans des tableaux de bord désormais publics ont donc permis de net progrès.

8. L'accès aux soins en clinique ne pose pas de problèmes financiers aux usagers.
FAUX
Dans les d'penses de santé, la part prise en charge par l'Assurance maladie, l'Etat ou les mutuelles reste majoriatire. Cependant, une multiplicité de mesures (dé rembouresments, forfaits, franchises, dépassement d'honoraires, etc...) augmente, depuis quelques années, le reste à charge pour l'usager du système de santé.
Or, le reste à charge pour les ménages est trois fois plus élevé en clinique qu'à l'hôpital. Les dépassements d'honoraires en clinique sont en effet fréquents
- plus de 85% du total
- et en très forte augmentation, alors qu'ils ne concernent que 5% des practiciens hospitaliers.
Aux dépassements d'honoraires s'ajoutent en outre pour les patients des suppléments hôteliers presque systématiques. Pour le patient, l'hôpital est toujours moins chers que la clinique.

9. L'hôpital public ne joue plus un rôle dcentral dans la recherche et l'innovation médicale.
FAUX
L'hôpital public consacre chaque année plus de 2 milliards d'euros à la recherche, à l'enseignement et à l'innovation, soit plus de 15% du budget total des CHU. Les premières médicales et les plus importantes avancées ont toujours lieu dans des hôpitaux publics. Depuis leur création, les CHU ont ainsi effectué 78 premeières mondiales. C'est à l'hôpital public que se diffusent et se généralisent les innovations, permettant aux Français d'avoir accès aux meilleurs soins. L'hôpital est plus que jamais un acteur essentiel du progrès  médical et joue un rôle majeur dans l'essor des technologies du futur, dont les potentiels de développement économique sont considérables.
En outre, avec 13 milliards d'euros consacrés à l'achat de biens médicaux et de services, l'hôpital est par ailleurs un véritable "stimulateur de croissance" pour nos industries de santé (fournisserus de biens et de services, laboratoires...) et pour toutes les grandes entreprises et PME qui travaillent pour lui.


Le 03/05/2011


« Retour aux actualités
Statuts et  Règlement  Intérieur | Qui sommes nous | Mentions Légales

© 2007-2017, Mutuelle de France des Hospitaliers