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Revue de Presse

Cinq firmes pharmaceutiques se refont une santé sur fonds publics


imagescak0zx0l.jpgLe 26 octobre 2009, le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS), réunissant les dirigeants des principaux groupes pharmaceutiques français, était reçu à l'Elysée. L'heure est grave : les brevets des médicaments les plus vendus expireront en 2012.

Il faut donc aider financièrement la "pauvre" industrie pharmaceutique. Un fonds d'investissement doté de 130 millions d'euros, financé pour moitié par l'Etat, sera créé. La suppression de la taxe professionnelle allègera de 16% les charges des entreprises du secteur; le crédit d'impôt leur remboursera 30% de leurs dépenses de recherche et développement (R&D); tandis que le fameux emprunt national financerait la création d'instituts hospitalo-universitaires en partenariat avec ... le privé!

Cinq seront d'ailleurs labellisés en 2010. Cinq, soit exactement le nombre de firmes représentées au sein du CSIS : Sanofi-Aventis, Pierre Fabre, Servier, Ipsen et le Laboratoire de fractionnement des biotechnologies. Heureux hasard!

Aider des entreprises ultra-bénéficiaires qui licencient
Cet été, Sanofi-Aventis a présenté un projet de "réorganisation" entrainant plus de 1200 suppressions de postes liés à la R&D, soit 20% des effectifs (10% des effectifs nationaux). Tout cela alors que Sanofi-Aventis a vu ses profits de 22% au premier trimestre 2009, qu'il a réalisé des acquisitions pour 6,2 milliards d'euros et que les retombées de la vaccination anti-grippe A s'annoncent plus juteuse que jamais!

Investissements publics et bénéfices privés
Lors de l'annonce du plan de licenciement, Marc Cluzel, responsable de la branche R&D de Sanofi-Aventis, l'a clairement affirmé : "Pourquoi voudriez-vous qu'on continue à financer 100% de notre recherche interne alors qu'à l'extérieur, les organismes de recherche publique, les biotechs, les universités sont financés en tout ou partie par l'Etat et les collectivités territoriales". Analyse partagée par le DG de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). 
André Syrota, qui a récemment confirmé que "les industriels de la pharmacie vont externaliser entre 20% et 30% de leurs recherches vers des laboratoires académiques".
En clair, la recherche coûte trop cher à l'industrie pharmaceutique. Les firmes s'en désengagent donc massivement, préférant licencier ses chercheurs pour s'appuyer sur les laboratoires publics performants, financés par la collectivité.

Chercheurs en solde
La part de la recherche française est passée de 2,24% du PIB en 2002 à 2,02% en 2008, selon l'association "Sauvons la recherche". On assèche ainsi les financements de la recherche publique pour mieux la contraindre à accepter des partenariats public-privé. Ca ne vous rappelle rien? Le Pôle emploi "lessivé par l'Etat, essoré par le privé". Le scénario est bien rôdé. Au final, au moment de négocier, les instituts publics se retrouvent en situation de faiblesse, et les labos privés se goinfrent!
 


Le 02/08/2010


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