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Revue de Presse

Cancer : les malades ne doivent plus avoir de reste à charge


Le cancer est une pathologie pour laquelle les inégalités de santé, sociales et territoriales, restent "très marquées" face aux autres maladies et par rapport aux autres pays européens, souligne le Pr VERNANT, spécialiste d'hématologie, chargé par François Hollande en décembre d'un travail préparatoire au 3ème plan Cancer.

Le cancer demeure en France la principale cause de mortalité avec 148 000 décès estimés en 2012 et 355 000 nouveaux cas par an. Cependant on estime à 80 000 le nombre de décès évitables, rappelle Jean-Paul Vernant dans un rapport intitulé "Recommandations pour le troisième plan cancer" remis au gouvernement.

En finir avec le reste à charge

Le rapport insiste sur "l'exigence d'une absence de reste à charge pour les patients lors des dépistages, des soins du cancer et de l'après-cancer", par exemple les frais de transport ou d'esthétique comme la plastie mammaire. Le rapport relève ainsi que "beaucoup de femmes sont dirigées vers des plasticiens libéraux qui pratiquent des dépassements d'honoraires, parfois très élevés", ce qui leur impose un "reste à charge important", il souligne que "c'est une inégalité intolérable", d'où sa recommandation d'"encourager la signature de convention entre les établissements et certains chirurgiens plasticiens à tarifs raisonnables".

Le généraliste doit entrer dans le parcours de soins

Face à des hospitalisations globalement de plus en plus courtes, le développement des soins "en ambulatoire", l'évolution de nombreux cancers en maladie chronique, le rapport préconise de faire participer plus largement les médecins généralistes au parcours de soins. Jean-Paul Vernant signale que le paiement à l'acte, conçu pour des prestations à visées curatives, ne favorise pas l'investissement du médecin traitant dans la prévention et de dépistage du cancer chez les patients ne recourant à ses services que de façon ponctuelle et discontinue.

Il préconise que les établissements de santé puissent transmettre au médecin traitant par voie informatique sécurisée toutes les informations concernant son patient hospitalisé ainsi que les documents élaborés par l'Inca (Institut national du cancer) et la Has (Haute Autorité de santé) concernant l'affection dont souffre ce dernier et concernant les traitements utilisés ainsi qu'un numéro de téléphone mobile permettant de joindre un médecin de l'équipe qui pourra répondre à toutes ses questions.

Il s'agirait également d'adresser au médecin traitant le guide Ald se référant à la maladie de son patient du début de la prise en charge de celui-ci, de mettre en place une procédure sécurisée qui permette au médecin traitant de pénétrer dans le système informatique de l'établissement de santé pour avoir accès aux données de son patient. Enfin, il faudrait proposer au médecin traitant sa participation rémunérée à la consultation de fin de traitement. Celle-ci devrait être systématiquement organisée pour signifier au patient son entrée dans l'après-cancer. A cette réunion devraient participer le cancérologue référent, un "infirmier coordonnateur", un psychologue et aussi le médecin traitant du patient en question.

Dépassements d'honoraires : intolérables pour le cancer

Les dépassements d'honoraires et le reste à charge pouvant être imposés aux patients atteints de cancer sont sources d'inégalités à la fois en terme de liberté de choix mais aussi en terme de délais de prise en charge. Dans le secteur libéral : certains actes en particulier dans le domaine de la chirurgie sont à l'évidence sous-évalués et il serait difficile, estime le rapport, de recommander que tous les patients traités soient pris en charge en secteur 1.
En revanche, il paraît justifié que dans cette situation les soins liés au cancer ou à l'après-cancer (reconstitution mammaire par exemple) soient l'objet d'une facturation tenant compte de la couverture par les assurances complémentaires et qu'il ne demeure en conséquence pas de reste à charge pour les patients.

Jean-Paul Vernant note que dans les établissements publics également, l'activité privée s'accompagnant de dépassements d'honoraires n'est pas exceptionnelle tant pour ce qui concerne le traitement chirurgical ou médical du cancer que pour les examens complémentaires, en particulier d'imageries. "En attendant que, s'alignant sur les centres de lutte contre le cancer, l'hôpital public voit disparaître à terme son activité privée, il est impératif que, comme dans le secteur libéral, il n'y subsiste pas de reste à charge pour les patients traités pour un cancer" estime l'hématologue qui demande d'imposer dans les secteurs libéraux et publics l'absence de reste à charge pour les patients atteints de cancer dans les domaines de l'imagerie, de la biologie, de la médecine et de la chirurgie pour la prévention (mammectomies prophylactiques) le dépistage et les traitements du cancer et de l'après-cancer.

Les propositions du Pr Vernant "viendront enrichir le travail important des groupes de travail" mis en place par le gouvernement avec l'Inca pour élaborer le plan Cancer 3 qui sera "annoncé en début d'année 2014"

Article paru dans VIVA PRESSE, le 3 septembre 2013


Le 04/09/2013


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