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Les effets pervers de la T2A sur la qualité des soins



De nombreuses études ont pointé les effets négatifs de la tarification à l’activité (T2A) sur l’organisation des hôpitaux publics et la santé au travail des personnels.

Pour la première fois, une étude de l’Irdes se penche cette fois sur les « potentiels effets pervers » de la T2A sur la qualité des soins.

Elle montre notamment que des renvois plus fréquents à domicile ont causé une augmentation des réadmissions de patients après 30 jours.

 

L’étude de l’Irdes commence avec une bonne nouvelle : le taux de mortalité a continué de diminuer en France à l’hôpital.
Cette baisse s’était enclenchée avant le passage à la T2A avant 2002, date du début de l’étude, et s’est poursuivie après 2009.

Cette diminution de la mortalité en France suit la tendance des autres pays européens et est donc imputable aux progrès médicaux, et non liée à la T2A selon les chercheurs. Cette enquête est cependant inédite, dans la mesure où, pointe l’Irdes avec étonnement, il n’existe pas de recueil systématique des statistiques des taux de mortalité à l’hôpital par les autorités de santé.


En revanche sur d’autres indicateurs de qualité des soins, un avant et un après T2A sont visibles.

L’Irdes a mesuré le taux de réadmission des patients à 30 jours pour quatre pathologies courantes. L’institut note « une augmentation systématique des taux de réadmission depuis l’introduction de la T2A. » Ainsi pour l’infarctus du myocarde, le taux de réadmission à 30 jours est passé de 23,6% en 2006 à 27,2% en 2009. Les chercheurs jugent cette hausse « alarmante » et doit selon eux « faire l’objet d’un suivi régulier et d’analyses plus approfondies ».


Les deux critiques fréquemment opposées lors de la mise en place de la T2A, renvoi prématuré des patients à leur domicile et morcellement des séjours, se trouvent donc ici vérifiées.

Cette tendance peut s’expliquer par l’objectif de la T2A de diminuer la durée moyenne des séjours à l’hôpital, en finançant d’avantage l’acte que le séjour dans l’établissement. L’étude note globalement une hausse de la productivité, particulièrement dans les hôpitaux publics depuis 2007.
Elle s’explique d’abord par la baisse du nombre de lits, effective dans les trois types d’établissements (publics, privés et privés à but non lucratif) et par la hausse de l’activité.


Une autre critique opposée à la T2A, la multiplication des actes techniques les mieux rémunérés, peut également être décelée à travers certains indicateurs.

Ainsi le taux standardisé de chirurgie de la cataracte « a augmenté de manière soutenue depuis 2002 » avec une augmentation totale de 23 % sur cette période, dit l’étude. De même, le taux d’ablation de la prostate (pour les hommes de plus de 50 ans) a presque doublé entre 2002 et 2007.


Le 24/05/2013


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